Un chien Jack Russell de 6 ans est référé pour une perte soudaine de la vision survenue il y a une semaine. Il présente également des problèmes de régurgitation.

 

A l’examen à distance, on ne note aucune douleur oculaire. La réponse au clignement à la menace est négative pour chaque œil, le parcours d’obstacle est également nul. Le test à l’éclair lumineux (Dazzle test) est négatif.  Les pupilles sont relativement resserrées.

 

Le réflexe photomoteur direct et consensuel sont présents mais ralentis et différés pour les deux yeux.

 

L’examen rapproché en lampe à fente permet d’objectiver des structures internes normales pour les deux yeux.

La pression intra-oculaire est faible mais symétrique (PIO OD = 8mmHg OG = 9mmHg VU = 15-25mmHg).

 

L’examen rétinien à l’ophtalmoscope indirect est normal pour les deux yeux, aucune anomalie structurelle rétinienne n’est notée.

 

Un examen de pupillométrie est réalisé, les stimulations Bleues donnent des amplitudes de constriction pupillaire satisfaisantes, compatibles avec un fonctionnement normal du nerf optique et des voies visuelles pour les deux yeux. L’amplitude de constriction à la stimulation rouge est beaucoup moins marquée, ce qui permet d’objectiver une anomalie de la couche des cellules ganglionnaires de la rétine.

 

Après anesthésie générale et dilatation pupillaire, une ERG (électrorétinographie) en ambiance photopique (lumière du jour) et stimulations de niveau lumineux photopique révèle des réponses nulles pour les deux yeux. La réponse mixte est donc nulle (cônes+bâtonnets).

 

L’examen flicker (réponses des cônes) est presque nul.

 

L’examen en ambiance scotopique (obscurité) & stimulations scotopiques après 20 minutes d’adaptation est réalisé, il révèle une absence de réponse

En synthèse, les cellules rétiniennes de ce chien ne fonctionnent globalement plus du tout pour les deux yeux. Il est atteint du Syndrome de cécité soudaine acquise (SARD). Cette pathologie n’a pas de cause bien déterminée mais peut être expliquée par un syndrome de Cushing concomitant. Aucun traitement n’est possible et l’atteinte est irréversible.